Gaëlle

Gaëlle

Gaëlle

Le voyage, c’est une piqûre ! Une fois qu’on y a goûté, c’est la dépendance assurée. Il y a les voyages qui durent une semaine, ceux qu’on étire au-delà des prévisions, ceux encore qui deviennent une tranche de vie. J’ai commencé à voyager seule à la fin du cégep. Chantiers-jeunesse dans le Sud de la France quelques semaines, voyage et travail en Irlande un été. En 2002, je suis partie en Thaïlande pour être bénévole dans une ONG gérée par des réfugiés birmans. En 2003, la seule fois où je ne suis pas partie seule, nous avons fait un tour express de l’Europe avec une amie. Avec une passe d’autobus illimitée, on a avallé des centaines de kilomètres, de la Hollande à l’Espagne, de la France à l’Allemagne, les fesses en compote mais des beautés plein la tête. Le retour est dur, j’ai l’impression d’être un oiseau qui revient dans sa cage après un instant de liberté totale. L’idée me vient de travailler dans une auberge de jeunesse à Montréal, histoire de prolonger le voyage dans ma tête. Et ça marche ! En 2005, je prends une pause dans mes études et après un coup de cœur assez inexplicable pour le Nagorno-Karaback (les paysages, l’histoire folle, la non-reconnaissance internationale...), je décide de partir 6 mois sans aucune idée de l’itinéraire, sinon que je vais aboutir dans le Caucase. J’atterris à Paris, fais un saut en Irlande pour rendre visite à un ami, sur un coup de tête je m’envole pour Prague. De là commence un voyage bohème, le seul impératif étant : suivre mes coups de cœur. Les capitales du Caucase à vol d’oiseau Avec un petit budget mais tout mon temps, je traverse les frontières à pied, les trains internationaux coûtant cher, pour prendre un autobus après les douanes. République Tchèque, Pologne en coup de vent, Roumanie, Bulgarie pour enfin me retrouver à la frontière turque le 1er juillet, perdue au milieu de centaines de voitures. Prochain arrêt : Istanbul. Ville folle, ville charnière, avec ses mosquées et les appels aux fidèles, le Bosphore. Avec un Slovaque rencontré en cours de route, nous prenons un train pour nous rapprocher le plus possible de la Georgie. Quarante heures plus tard, nous sommes à 150 km de la frontière. Le pouce et le sourire nous permettent de franchir ces derniers km. Et là... La Georgie, magnifique, l’Azerbaïdjan, superbe, l’Arménie, magique... et le Nagorno-Karaback ! Des paysages incroyables, des montagnes, encore des montagnes, toujours des montagnes et aussi beaucoup de vodka. J’ai rencontré des gens formidables, qui m’ont accueillie dans leur famille, fait visiter des petits endroits où je ne serais sûrement jamais allée toute seule. J’ai fini par revenir sur mes pas, traversant la Bulgarie de nouveau, puis Belgrade et la Slovénie pour me retrouver en Italie et en France. Plus de six mois étaient passés mais l’envie de revenir n’y était toujours pas, alors je suis allée faire un tour en Thaïlande et au Cambodge. Après huit mois, je me suis quand même résignée à rentrer... Mon dernier coup de cœur en date : le Mexique. C’est un peu comme une pochette surprise, on y trouve de tout, pour tous les goûts. Plages, forêts tropicales, musées, ruines, déserts... Tout transpire l’art, la revendication, l’effervescence, la lucha del pueblo... Les Mexicains sont particulièrement sympathiques, et l’ambiance est à la fête ou à la manif. J’y ai fait de très belles rencontres, eu des conversations surprenantes, découvert des coins de paradis. Cela dit, le voyage, c’est aussi la fatigue, les doutes, parfois les déceptions, les pourparlers interminables avec les douaniers, mais en fin de compte, la magie est toujours au rendez-vous. Alors je vous souhaite de réaliser les voyages qui vous tiennent à coeur, les plus fous, les plus inattendus et ce, peu importe ce que peuvent en dire les autres.